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Résiliences

Chers Amis,

Vous avez été nombreux à suivre la passionnante conférence de Didier Ottinger sur « Les Fantômes de Hopper » que nous avons pu organiser avec l’Alliance française à la Fondation Beyeler. Le nombre des places ayant été limité, beaucoup d’entre vous se sont heurtés à un refus. Mais cette affluence montre que plus que jamais nos manifestations répondent à un besoin. La culture n’est pas un simple ornement de la vie, elle constitue la vie même. Aussi avons-nous déjà réinscrit dans notre calendrier plusieurs des conférences auxquelles nous avons dû renoncer au semestre de printemps. A commencer, le mercredi 16 septembre, par la présentation de la littérature haïtienne par un jeune auteur des Caraïbes, Makenzy Orcel. Nous le retrouverons dans un tout nouveau lieu culturel bâlois, la Kulturstiftung, à la Spitalstrasse, qui inaugure ses activités par une exposition consacrée à l’art des Caraïbes. Quel rapport avec Bâle ? Les traités signés dans notre ville, en avril et en juillet 1795, entre la France et les puissances européennes, dont les conséquences sont toujours lisible dans la carte des Caraïbes.

Après cette excursion dans les confins de la francophonie, retour au pays avec une historienne fribourgeoise, Anne Philipona, qui viendra nous présenter, mardi 29 septembre, son superbe livre sur le Ranz-des-Vaches, ce chant si nostalgique qu’il poussait les mercenaires suisses à la désertion et qu’il était pour cette raison interdit aux troupes. Cette rencontre aussi se fera dans un lieu inhabituel, la Société de lecture (Lesegesellschaft), à côté de la cathédrale, mais dont certains d’entre vous se souviennent pour y avoir rencontré Jacques Chessex lors d’une de ses dernières conférences. Cette manifestation sera précédée par notre Assemblée générale annuelle.

C’est à la Société de lecture, aussi, qu’aura lieu, le lundi 12 octobre, le dialogue entre Peter Schnyder et Paola Codazzi autour d’André Gide et d’Ernst Robert Curtius, le grand écrivain et le grand critique allemand, qui se sont entretenus non seulement de littérature moderne, mais aussi de l’avenir de l’Europe au lendemain de la Première Guerre, de la montée du nazisme en Allemagne, de la déliquescence de la Troisième République et enfin de la catastrophe finale. 

Nous ne savons pas quelle sera la situation sanitaire à la rentrée. La salle de la Société de lecture permet d’accueillir quelque quatre-vingts personnes à bonne distance. Pour ceux qui ne seraient pas équipés, nous mettrons à disposition du gel et des masques. Peut-être serons-nous obligés de vous demander de vous inscrire à l’avance. Vous voyez que nous essayons de penser à organiser nos manifestations dans les meilleures conditions sanitaires possible. Nous prendrons les mesures qui s’imposent, car rien ne nous fera renoncer à nos échanges. Ils nous offrent une nourriture intellectuelle qui est indispensable.

Je ne voudrais pas vous quitter sans porter à la connaissance de ceux qui ne l’aurait appris la disparition d’un de nos grands invités, le professeur Marc Fumaroli, de l’Académie française, qui est venu nous parler à plusieurs reprises, de Chateaubriand, des Goncourt, de Huysmans. Je lui ai rendu hommage dans la Revue des Deux Mondes.

Prenez soin de vous ! Passez voir notre libraire, il devrait pouvoir vous proposer les publications de nos intervenants.

Cordialement vôtre,
Robert Kopp